Le Mosasaure, "Les dents de la Meuse"
© Réjouisciences
Une sculpture monumentale d'un reptile marin qui vivait en région liégeoise il y a plus de 66 millions d'années !
Un projet né de collaborations
Une sculpture de mosasaure grandeur nature surgissant, des eaux de la Meuse : c’est le projet ambitieux que l’Université de Liège concrétisera fin 2026. Cette initiative, née du service de Paléontologie et du Pôle muséal et culturel de l'ULiège, a pu bénéficier du soutien financier du collectif Co-legia ainsi que du mécénat d’entreprise du bureau d’études Greisch, sous l'égide de David Monfort, et des ateliers de ferronnerie Melens & Dejardin. La campagne de crowdgiving, lancée en mars 2025, via Promethea, a par ailleurs permis d’en boucler le financement.
Au cœur de la ville : un projet unique mêlant art et science
L’Institut de zoologie de l’Université de Liège, situé au bord de la Meuse (quai Van Beneden), est un haut lieu historique du savoir et de la découverte scientifique. Le choix du service de Paléontologie et du Pôle muséal et culturel, d’installer la sculpture le long du RAVeL, et face à l’Institut, n’est donc pas anodin : il jette un pont entre création contemporaine et histoire naturelle.
Le projet prolonge d’autres actions menées pour revaloriser le quartier et dynamiser l’espace public (fresque urbaine, etc.), en y ajoutant un point d’intérêt artistique et éducatif.
Les objectifs visés par l'Université sont d'éveiller la curiosité des passant.es par une oeuvre spectaculaire, de les motiver à la découverte culturelle et scientifique et, en parallèle, de valoriser l'histoire naturelle de Liège et son héritage paléontologique.
Pourquoi un mosasaure ?
Ce redoutable prédateur marin du Crétacé, souvent comparé à un « T. rex aquatique », a été popularisé par le film Jurassic World. Le nom « mosasaure » signifie « lézard de la Meuse », : le premier fossile connu de l’animal a été découvert à la fin du XVIIIe siècle dans une exploitation de craie proche de Maastricht. Des restes de mosasaure ont également été trouvés à Liège, dans les travaux de la Citadelle. Ce reptile appartient donc pleinement au patrimoine paléontologique local.
À l’époque des mosasaures, la région que traverse aujourd’hui la Meuse était presque entièrement recouverte par la mer, un habitat idéal pour ces grands reptiles strictement aquatiques.
Il existait de nombreuses espèces de mosasaures, de tailles très variables. En moyenne, un mosasaure mesurait entre 6 et 7 mètres. Le genre Mosasaurus, qui a donné son nom au groupe, comptait parmi les plus grands, voire était le plus grand : il atteignait 15 à 17 mètres de long, soit la taille d’un bus articulé. Un mosasaure de cette taille pouvait peser entre 10 et 15 tonnes, soit l’équivalent de trois éléphants.
Il pouvait avoir plus de 40 dents sur chaque mâchoire et possédait en outre des dents sur le palais, les « dents ptérygoïdiennes », qui servaient probablement à empêcher les proies de s’échapper.
Les plus anciens fossiles de mosasaures datent d’environ 100 à 90 millions d’années, dans la seconde moitié du Crétacé. En une histoire longue d’environ 30 millions d’années, ils sont devenus les prédateurs dominants de tous les océans. Ils ont disparu il y a environ 66 millions d’années, lors de la même extinction de masse que les dinosaures non aviens.
La sculpture
L’œuvre est signée par l’artiste belge Zéphyr, alias Hedwig Snoeckx, spécialisé·e dans les animaux hyperréalistes. Ses sculptures, installées en plusieurs endroits du monde, jouent de l’illusion et de la surprise.
La sculpture liégeoise mesure 6 mètres de haut pour environ 2 mètres de diamètre à la base, et représentera la partie antérieure de l’espèce Mosasaurus hoffmani, le plus grand mosasaure de tous les temps. L’artiste travaille le polystyrène (frigolite) et la résine polyester. La peinture utilisée ne pollue pas la Meuse. Les éléments sculptés sont greffés sur une structure métallique fabriquée par les ateliers de ferronnerie Melens & Dejardin. L’animal sera posé sur une assise fixe, accrochée à la paroi du quai, selon un système conçu par le bureau d’études Greisch. La pose sera confiée à la société Hydroscaph’, spécialisée dans les travaux subaquatiques.
Zéphyr - Hedwig Snoeckx avec la sculpture en modèle réduit (terre)
Le projet a, quant a lui, été mené par l'Université de Liège : Valentin Fischer et Isaure Scavezzoni ont apporté leur expertise scientifique et la coordination générale a été pilotée par Thomas Beyer et Alexia Mainjot (Réjouisciences - Pôle muséal et culturel). Isaure Scavezzoni a également apporté ses compétences artistiques et techniques pour réaliser les premiers prototypes de la bête.
Structure de base de la sculpture en polystyrène
Sources : Francesco Della Giustina, Valentin Fischer et Isaure Scavezzoni
